Quand j'était gamin, la 3D c'était une paire de lunette aux verres en plastique vert et rouge pour regarder les dessins des boites de céréales ou de certains albums Panini (pour lesquels on gagnait de nouvelles images dans la cour de récré en jouant à la tapette... Nous étions innocents).
En grandissant, j'ai découvert la 3D au futuroscope ou à Eurodisney, avec des lunettes de 3 kilos qui permettaient d'être entouré de poissons, d'être attaqué par un serpent, de foncer dans des murs. On avait l'impression de pouvoir toucher ce qui sortait de l'écran. On tendait tous la main d'ailleurs, dans un grand élan pavlovien d'émerveillement naïf.
Aujourd'hui, la 3D est LA révolution cinématographique.
Problème : le meilleur film que j'ai vu pour le moment est la pub Haribo diffusée avant certains long métrages.
Quand on la voit la première fois, on jubile, on retombe en enfance en se disant "chouette, Avatar, ça va déchirer sa race". Alors qu'en fait pas du tout. La 3D donne juste une profondeur de champ. Oui, comme sur les paquets de céréales. Rien ne sort jamais de l'écran. Moi je dis, belle arnaque.
Beaucoup de gens disent "mais si, la 3D c'est giga, c'est le futur du cinéma, Avatar c'est trop beau, t'as rien compris, bâtard !". Je suis désolé mais "ta gueule, c'est même pas vrai, miroir magique !". La 3D c'est surtout des images floues ou brillantes ou les deux à la fois. La 3D c'est surtout des douleurs oculaires ou crâniennes ou les deux à la fois.
Dragons aurait été aussi drôle sans la 3D.
Alice aurait été aussi bien sans la 3D (oui, j'ai aimé ce film, je fais ce que je veux).
Avatar aurait été aussi beau sans la 3D mais tout le monde aurait vu tout de suite que le film est nul.
La 3D c'est juste loin d'être une révolution. La plupart des films ne sont d'ailleurs pas tournés avec les moyens nécessaires et sont traités en post-prod pour pouvoir sortir en salle à grand renfort de bandes annonces s'achevant sur le désormais classique :
le 32 février 2016
en 3D
dans les salles équipées
La 3D c'est juste le moyen que l'industrie du cinéma a trouvé pour contrer le phénomène du piratage sur internet.
C'est sûr, impossible de filmer l'écran d'un film projeté en 3D sous peine d'avoir une image tellement dégueulasse que même les amateur de screener n'en voudrait pas (et pourtant ils sont habitués). Du coup, pour voir le dernier gros bloc buster, il faut aller au ciné.
Et c'est là que ça devient hilarant.
Je rappelle les données du problème : le ciné est devenu un plaisir trop cher, la plupart des gens préfère donc voler les films sur le net et les voir gratuitement à la maison (notez que rien n'excuse de voir un film en qualité screener). Ca ne plait pas à Luc Besson qui se mets donc à la 3D et réalise son film le plus nul (Arthur et les Minimoys 2 restant à ce jour la plus grosse arnaque cinématographique de la décennie).
La 3D pour sauver le cinéma, je dis pourquoi pas. Sauf qu'une place pour un film en 3D, entre la place de base, le bonus pour amortir le matos et le super bonus pour les lunette moches, c'est 3 euros plus cher qu'une place déjà hors de prix. A ce prix là, autant attendre la DVD ou le Blu-Ray qui sortira 3 mois plus tard (ou le voler sur internet ? Non, ce serait illégal et puis maintenant avec Hadopi...)
Rien à dire, les industriels du septième art ont bien cerné le
problème.